Vous avez surement déjà fait l’expérience de la synchronicité. Ces coïncidences qui vous ont aidé à résoudre un problème ou à favoriser une situation dans votre vie. Certains y voient une aide divine, de l’univers, un signe du destin. D’autres les considèrent tout simplement comme un hasard. Qu’en est-il d’un point de vue rationnel ? Penchons-nous sur ce phénomène qui semble relever du paranormal.

synchronicité

Qu’est-ce que la synchronicité ?

Pour comprendre la signification de la synchronicité, il faut la distinguer de la coïncidence banale. Bien plus que la simple coïncidence qui correspond à l’arrivée subite d’au moins deux événements, les circonstances de la synchronicité :

  • ne présentent aucun lien de causalité ;
  • prennent sens  pour la personne qui les perçoit ;
  • se produisent à un moment opportun  ;
  • génèrent une émotion forte et positive.
Carl Gustav Jung
Carl Gustav Jung (1875-1961)

Pour le psychologue analytique Carl Gustave Jung, la synchronicité est donc la réponse de l’inconscient à un besoin conscient ou non. Et qui de plus, engendre une transformation. Cette dernière peut être une transformation intérieure profonde ou un changement concret dans la vie de la personne qui l’expérimente. C’est ce que Jung nomme le processus d’individuation ou la réalisation du Soi (notre véritable identité). Perçue sous cet angle, la synchronicité révèle alors une continuité entre le psychisme et le physique.

D’où vient cette théorie jungienne ?

Jung introduit pour la première fois sa théorie de la synchronicité suite à une anecdote qui a eu lieu dans son cabinet. Le monde de la psychologie connait d’ailleurs assez bien cette histoire du scarabée doré :

scarabée doré

Au cours d’une consultation, une patiente très rationnelle lui racontait qu’elle avait fait un rêve dans lequel elle se voyait offrir un scarabée d’or. Juste à ce moment, ils entendirent un bruit sec au niveau de la fenêtre de son bureau. Un coléoptère doré venait de s’y cogner ! Jung ouvra sa fenêtre, puis saisit l’insecte au vol. Il se retourna vers sa patiente et la lui tendit : « le voilà, votre scarabée ». Cet événement inexplicable provoqua chez la patiente un tel choc, qu’il lui débloqua sa résistance intellectuelle. Grâce à ce déblocage, elle a enfin pu avancer dans son travail d’analyse. En effet, Jung ne parvenait pas à la faire progresser à cause de son rationalisme cartésien développé.

La psychologie jungienne a ainsi été formalisée non pas à partir de la signification spirituelle du scarabée, mais de l’enchaînement étrange des événements qui se sont déroulés dans son cabinet.

Comment reconnaître les synchronicités ?

Il existe une multitude d’événements synchronistiques qui s’offrent à nous. Nous les reconnaissons, parce que ce sont des événements qui nous surprennent et qui résonnent positivement en nous. Voici quelques exemples de situations dans lesquelles nous pouvons nous retrouver et qui correspondent à des signes de vie :

  • on vous offre un livre qui vous change votre vie ;
  • on vous appelle pour un poste dont vous rêviez alors que vous étiez sur le point de chercher du travail ;
  • vous apprenez qu’un grave accident a lieu sur votre trajet habituel, le jour où vous êtes en congé.
  • une publicité à la télévision vous donne une superbe idée qui résoud votre problème ;
  • un rêve prémonitoire.

Ces phénomènes de synchronicité sont étroitement liés à notre intuition. Aussi, pour les reconnaître et les accueillir, il est pertinent de garder l’esprit ouvert, sans chercher à tout comprendre.

Le chercheur jungien Roderick Main affirme que la synchronicité peut suggérer qu’il existe un monde au-delà de la réalité. Clins d’oeil célestes ou évènements hasardeux selon les croyances de chacun, ces coïncidences heureuses semblent en tous cas nous guider sur la bonne voie. Quels sont les signes de vie que vous avez reconnus ? Qu’en est-il de votre transformation à chaque synchronicité expérimentée ?

«  le plan acausal sous-jacent à l’existence des lois de la nature […] serait celui où s’inscrirait la question du «  sens  » ou de l’«  intention  » dans la nature [et où] la conscience de l’homme [s’inscrirait] dans son évolution  »

Hubert Reeves


Sources :
Cairn – Marie-Laure Tour – La synchronicité, une rêverie épistémologique... – Cahiers jungiens de psychanalyse  2002/3 (n° 105), pages 39 à 52
Psychology Today – Energizing Jung’s Ideas About Synchronicity – 17/03/2017
Longchamps, R. (1995). Hubert Reeves : du cosmos et de la synchronicité. Nuit blanche, (62), 37–39.


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